On constate que le régime syrien s’est livré à des crimes contre l’humanité.
C’est ce qu’a affirmé à Moscou Alain JUPPE, à l’issue d’entretiens avec son homologue russe, Sergueï LAVROV, dont le pays refuse de se joindre à une condamnation de Damas au conseil de sécurité de l’ONU.
La répression du régime est tout à fait disproportionnée et aboutit à des effusions de sang tout à fait inacceptables. C’est la raison pour laquelle le conseil de sécurité doit adresser un message fort à Damas pour que cette brutale répression cesse.
M. LAVROV lui a, en substance, opposé une fin de non recevoir.
La priorité aujourd’hui est d’entamer un dialogue, des négociations.
La France accuse Damas de crimes contre l’humanité.
Mouammar KADHAFI a appelé ses partisans à marcher sur la capitale rebelle dans l’est du pays, pour la libérer des traîtres, en allusion aux insurgés qui la contrôlent.
Les combats ont repris dans la région de Brega, sous contrôle des forces du régime dans l’est de la Libye, faisant un mort et cinq blessés.
Marche sur Benghazi.
C’est Alain JUPPE, ministre d’Etat, ministre des affaires étrangères et européennes, qui l’affirme.
Les paramètres d’une solution politique sont, selon lui, désormais agréés par tout le monde, c’est à dire le départ de KADHAFI du pouvoir, un cessez le feu effectif et la constitution d’un gouvernement de transition.
Est ce que le colonel KADHAFI doit rester en Libye, est-ce qu’il doit partir de Libye? Ce sont des choses à discuter entre les protagonistes, a-t-il souligné.
La France, a ajouté M. JUPPE, travaille à l’après KADHAFI et prépare notamment aux Nations Unies la mise en place d’une force de stabilisation internationale.
Pas d’enlisement, des progrès.
Le parlement français a autorisé la prolongation de la participation des forces armées françaises à l’opération internationale en Libye.
A l’assemblée nationale, la majorité UMP et les députés socialistes ont pressé le gouvernement à dégager une solution politique au conflit. Quelque 482 députés, UMP et PS, ont voté en faveur de la poursuite des opérations, 27, notamment les élus communistes, se sont prononcés contre. Plusieurs députés socialistes ont toutefois voté contre ou se sont abstenus.
Le chef du gouvernement a rappelé les moyens mobilisés depuis le mois de mars par Paris contre les forces du colonel KADHAFI: 4400 soldats engagés, dont 800 en métropole, 40 avions de combat, 8 navires et 18 hélicoptères d’attaque qui font de la France le premier pays contributeur de l’opération, au côté de la Grande Bretagne.
En Libye, au quai et au parlement.
Le gouvernement va demander au parlement l’autorisation de prolonger l’intervention des forces armées françaises en Libye, engagée le 19 mars 2011 en application de la résolution 1973 du conseil de sécurité des nations unies.
Débat et vote le 12 juillet.
Libye.
La France a reconnu avoir parachuté des armes légères aux insurgés libyens, une opération à laquelle l’OTAN n’a pas été associée et qui suscite une controverse, les Nations Unies ayant imposé en février un embargo sur les armes à la Libye.
Pour le représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, Gérard ARAUD:
Nous avons décidé de fournir des armes défensives aux populations civiles parce que nous considérons que ces populations sont menacées.
L’organe politique de la rébellion a reçu les 100 premiers millions de dollars dans le cadre d’un fonds de soutien spécial alimenté par des avoirs bloqués du régime libyen.
Des armes pour les insurgés libyens.
Déclaration du gouvernement mardi 12 juillet sur la prolongation ou non de l’engagement des troupes françaises en Libye.
A 15 heures à l’assemblée nationale, suivie d’un débat et d’un vote.
Puis à 18 heures au sénat.
L’article 35 de la constitution dispose que lorsque la durée de l’intervention excède quatre mois, le gouvernement soumet sa prolongation à l’autorisation du parlement.
Déclaration du gouvernement.
En Lybie, la rébellion a remporté de nouveaux succès diplomatiques avec la reconnaissance de son nouvel organe politique, le conseil national de transition (CNT), par un quatorzième pays comme représentant légitime du peuple libyen. Ce quatorzième pays, c’est le Canada.
La Tunisie se dit prête à faire de même si le CNT le lui demande.
La France a annoncé qu’elle allait débloquer environ 290 millions d’euros qui appartenaient à la banque centrale libyenne.
Libye.
Le secrétaire général de l’alliance atlantique, Anders Fogh RASMUSSEN, évoque le principe de solidarité envers les neuf pays qui participent effectivement aux bombardements aériens (Emirats arabes unis, Belgique, Canada, Danemark, Etats Unis, France, Italie, Norvège et Royaume Uni), alors que l’OTAN a pris le relais fin mars de l’opération déclenchée le 19 par une coalition anglo franco américaine.
Des pays alliés comme l’Espagne et les Pays Bas, ou n’appartenant pas à l’alliance comme la Suède, ont envoyé des avions de chasse contrôler la zone d’interdiction de vol au-dessus de la Libye. Mais sans participer aux raids.
Une douzaine de pays de l’OTAN, dont l’Allemagne, n’ont fourni aucune contribution, qu’elle soit navale ou aérienne.
En France, la prolongation après trois mois des opérations en Libye nécessitera l’accord du parlement.
Libye: l’OTAN essaie de mobiliser.
L’OTAN refuse de parler d’échec ou d’enlisement en Libye.
Les avions de KADHAFI ne volent plus, les forces pro gouvernementales ne menacent plus Benghazi, et leurs missiles Grad n’atteignent plus le port de Misrata. L’OTAN se félicite aussi d’avoir permis 300 opérations humanitaires.
En revanche, les combattants insurgés n’ont pas vraiment progressé depuis la fin du mois de février. La médiation sud africaine mise en oeuvre par le président Jacob ZUMA, a échoué. Le colonel KADHAFI a maintenu sa position: demande de cessez le feu et fin des bombardements de l’OTAN.
A noter la défection du ministre du pétrole, Chokri GHANEM, qui a dit à la presse être parti en raison du bain de sang quotidien auquel il assistait en Libye mais n’a pas encore décidé s’il travaillerait aux côtés des rebelles.
L’enlisement?
Vendredi 9 Septembre 2011
Stéphane Perrin