Quelques tirs ont été signalés mais ils n’auraient pas, semble-t-il, dégénéré. Des manifestations sont organisées par l’opposition au deuxième jour d’un cessez le feu prévu par le plan de Kofi ANNAN, l’émissaire international.
Toutefois, le retrait des troupes des centres urbains n’a pas été constaté, en dépit des engagements de Damas. Le gouvernement syrien a assuré à Kofi ANNAN qu’il respecterait le cessez le feu tout en se réservant un droit de riposte, selon Ahmad FAWZI, porte parole de l’émissaire spécial des Nations Unies et de la Ligue arabe.
Kofi ANNAN a demandé l’ouverture de couloirs humanitaires.
Syrie: un calme si fragile.
Gilles JACQUIER, grand reporteur pour France 2, se trouvait en reportage à Homs, épicentre de la contestation, dans le cadre d’un voyage encadré par les autorités. Il filmait une petite manifestation de partisans du régime, et s’était réfugié dans un immeuble à proximité, où il a été atteint par un tir de mortier.
Un photographe néerlandais a également été blessé.
C’est le premier reporteur occidental tué dans ce pays depuis le début de la révolte contre le régime de Bachar AL ASSAD, il y a dix mois, et dont la répression a fait plus de 5.000 morts selon l’ONU. Six Syriens ont été tués aux côtés du journaliste. La France a demandé une enquête.
Un journaliste français tué en Syrie.
Le secrétaire général de l’ONU, Ban KI MOON, a sommé Bachar AL ASSAD de stopper les tueries dans le pays, où les attaques se sont accrues contre l’armée régulière.
L’annonce par Bachar AL ASSAD de l’élaboration d’une nouvelle constitution n’est pas crédible selon la France qui soutient les efforts de la ligue arabe pour un dialogue entre gouvernement et opposition, a indiqué de son côté le quai d’Orsay.
L’ONU hausse le ton contre le président syrien.
La répression en Syrie a fait plus de 3.000 morts, dont au moins 187 enfants, depuis le 15 mars, a indiqué le haut commissariat de l’ONU aux droits de l’homme qui craint une guerre civile.
Plus de 100 personnes ont été tuées durant les 10 derniers jours seulement, alerte Navi PILLAY.
La répression en Syrie a fait plus de 3000 morts.
Le régime a averti qu’il prendra des mesures contre tous les pays qui reconnaîtront le conseil national syrien, organe regroupant la majorité des mouvements opposés au président Bachar AL ASSAD.
Le lendemain, l’Union Européenne a salué, sans le reconnaître, la création du conseil national syrien et les efforts de l’opposition politiques pour établir une plateforme unie.
Le président russe, Dmitri MEDVEDEV, avait pour sa part estimé que le régime devrait partir s’il ne menait pas les réformes indispensables, tout en soulignant qu’une telle décision n’était pas du ressort de l’OTAN ou du conseil de sécurité de l’ONU.
Syrie: le ton monte.
Dans une réaction commune, les européens soulignent que ceux qui ont bloqué cette résolution le porteront sur leur conscience et que ce revers porte un coup amer aux militants démocrates de Syrie.
Susan RICE, ambassadrice des Etats Unis, a souligné que Washington était outré par le double véto sino russe. Le Britannique Mark LYALL GRANT a fait part de sa profonde déception.
Enfin l’ambassadeur russe Vitali TCHOURKINE, a expliqué lui que le veto de Moscou illustrait un conflit d’approches politiques entre la Russie et les pays européens siégeant au conseil de sécurité.
Les réactions.
La Russie et la Chine ont opposé leur véto au projet de résolution des occidentaux condamnant la répression en Syrie.
Neuf Etats membres du conseil de sécurité ont voté en sa faveur, (ce qui était suffisant pour passer en l’absence de véto). Il y a eu quatre abstentions (Afrique du Sud, Brésil, Inde et Liban). Le texte, rédigé par la France en coopération avec l’Allemagne, la Grande Bretagne et le Portugal, laissait la porte ouverte à des sanctions si le régime de Bachar al ASSAD poursuivait sur cette voie.
D’après l’ONU, les opérations de l’armée syrienne et des forces de sécurité contre les manifestants ont fait au moins 2.700 morts depuis la mi mars. L’ambassadeur de France à l’ONU, Gérard ARAUD, a déclaré que l’attitude de la Chine et de la Russie ne stopperait pas les efforts en cours pour tenter de mettre fin à la répression du mouvement de contestation syrien.
Aucun véto ne donnera de carte blanche aux autorités syriennes.
Double véto au conseil de sécurité.
Recep ERDOGAN met en garde le gouvernement syrien contre la politique de répression du président Bachar AL ASSAD. La Turquie a suspendu des discussions avec la Syrie et pourrait lui imposer des sanctions.
Déclaration du premier ministre ERDOGAN, après avoir rencontré le président OBAMA en marge des travaux de l’assemblée générale de l’ONU. Il devait préciser:
Les Etats Unis appliquent des sanctions à la Syrie, nos ministres des affaires étrangères s’emploieront ensemble à déterminer en quoi consisteront nos sanctions.
Du fait de cette coopération, les sanctions ne ressembleront peut être pas à celles qui frappaient la Libye. Toutes les sanctions diffèrent selon le pays, la population et la composition démographique.
Les sanctions visant la Syrie seront donc différentes.
Mais il a déclaré aux journalistes à New York:
Nous ne faisons pas la moindre confiance au gouvernement actuel.
ERDOGAN met en garde le gouvernement syrien.
Le régime continue de réprimer la contestation populaire lancée il y a quatre mois.
Le président SARKOZY a encore dénoncé l’attitude absolument inadmissible du président syrien Bachar AL ASSAD, mais assuré que chaque dictateur qui fait couler le sang aura à en rendre compte devant la cour pénale internationale.
Les manifestations d’opposition se poursuivent.
Des manifestants soutenant le régime syrien ont attaqué les ambassades française et américaine pour dénoncer la visite de leurs ambassadeurs dans la ville rebelle de Hama, provoquant la colère de Washington et de Paris.
Trois agents de l’ambassade française ont été blessés. Plusieurs vitres du bâtiment ont été brisées et des drapeaux syriens accrochés sur le mur de l’ambassade.
Ce n’est pas avec de telles initiatives illégales que les autorités de Damas parviendront à détourner l’attention du problème de fond qui demeure la fin de la répression contre la population syrienne et la mise en oeuvre de réformes démocratiques.
C’est ce qu’a déclaré Bernard VALERO, porte parole du quai d’Orsay.
Attaques contre l’ambassade de France à Damas.
Mercredi 18 Avril 2012
Stéphane Perrin