Un trou de 61,4 milliards d’euros dans les caisses de l’Etat. Le déficit du budget s’est creusé fin avril. Il était à 56,2 milliards un an plus tôt.
Pour le ministre du budget, cette dégradation est liée à des événements exceptionnels et les recettes fiscales sont en nette amélioration.
Le gouvernement table sur un déficit de l’Etat de 91,6 milliards en fin d’année, en nette baisse par rapport à 2010. Cela doit lui permettre de ramener le déficit public global à 5,7% fin 2011.
Un trou de 61,4 milliards d’euros.
Le pays, dont la dette s’élève à 150% de son PIB, sera dans l’incapacité de revenir sur les marchés dès 2012 comme prévu.
Cette nouvelle aide, chiffrée entre 60 et 70 milliards d’euros serait accordée en échange de nouveaux efforts côté grec, évalués à 25 ou 30 milliards d’euros. Le premier ministre grec a présenté les principaux points du projet budgétaire à moyen terme.
Une nouvelle enveloppe d’aide internationale de 30 milliards d’euros répartie entre le FMI et les européens devrait s’y ajouter.
Le plan prévoit également l’implication des banques détentrices de titres grecs.
Nouvelle aide pour la Grèce.
Le trésor américain a confirmé que la limite maximale de la dette publique fixée par le congrès serait atteinte le 16 mai, et indiqué pouvoir retarder jusqu’au 2 août la date où le pays fera défaut sur certaines obligations si ce plafond n’est pas relevé.
Le secrétaire au trésor, Timothy GEITHNER, a mis, dans une lettre, les principaux leaders politiques au Capitole devant leurs responsabilités.
Il avertit qu’un défaut de paiement des Etats Unis aurait des conséquences catastrophiques et causerait une crise financière potentiellement plus grave que celle dont le pays commence tout juste à se relever.
Le trésor bientôt vide.
Le gouvernement prévoit de ramener le déficit public de 7% en 2010 à 3% en 2013, l’opposition dénonçant une politique d’austérité et prévoyant 36 milliards d’euros d’impôts en plus.
Nous respecterons notre engagement européen, a déclaré Christine LAGARDE en rappelant les hypothèses de croissance (2% en 2011 et 2,25% en 2012).
Une révision à la baisse de cette hypothèse pour 2012 aurait été raisonnable, a néanmoins fait observer le député du Nouveau Centre, Nicolas PERRUCHOT.
Le ministre du budget, François BAROIN, a rappelé que le gouvernement maintenait la suppression de quelque 30.000 emplois à temps plein dans la fonction publique en 2012.
Programme de réduction du déficit voté.
Le gouvernement portugais est parvenu à un bon accord avec l’Union Européenne et le FMI. Le premier ministre démissionnaire, José SOCRATES a détaillé ce programme triennal: il définit les objectifs d’une réduction plus graduelle du déficit avec 5,9% du PIB cette année, 4,5% en 2012 et 3% en 2013.
L’Union Européenne et le FMI avaient fait savoir qu’ils exigeraient un programme d’ajustement comprenant des mesures d’austérité ambitieuses et des réformes structurelles qui engagent les principaux partis politiques portugais au-delà des élections législatives anticipées prévues le 5 juin.
M. SOCRATES a toutefois précisé que cet accord ne prévoyait pas les mesures évoquées ces derniers jours, telles qu’une réduction du salaire minimum, ou encore des licenciements et des baisses de salaires dans la fonction publique.
78 milliards sur 3 ans pour sortir le Portugal de la crise.
L’agence de notation avait, pour la première fois de son histoire, abaissé à négative la perspective d’évolution de la note de la dette des Etats Unis, jugeant qu’il existe un risque que les responsables politiques ne parviennent pas à s’entendre à temps sur les méthodes à adopter pour réduire un déficit budgétaire béant.
Le président américain a souligné sa confiance:
Je pense que démocrates et républicains peuvent se mettre d’accord.
C’est ce qu’il a martelé lors d’un discours dans une université de Virginie.
Une nouvelle session parlementaire consacrée à la dette s’ouvrira début mai au congrès américain.
Dette américaine: la menace de Standard & Poor’s.
Aux Etats Unis, un accord a été trouvé au dernier moment entre démocrates et républicains du congrès américain pour éviter la paralysie de l’administration fédérale, une heure à peine avant l’échéance, fixée à minuit.
Le président, Barack OBAMA, a réagi, reconnaissant que cet accord serait synonyme de coupes douloureuses, mais en estimant que les Etats Unis devaient vivre selon leurs moyens.
Ce face à face entre républicains et démocrates n’a cependant été qu’une escarmouche à côté de la bataille à venir sur le budget et la dette. Les 38,5 milliards de dollars de réduction de dépenses décidés vendredi soir ne sont qu’une infime partie de la dette des Etats Unis, qui atteindra bientôt son plafond à plus de 14.000 milliards de dollars.
In extremis.
Après la Grèce et l’Irlande, le Portugal demande à son tour l’aide budgétaire européenne, une situation qui montre que la crise de la dette en zone euro n’est pas finie.
Après des mois de refus, le Portugal a fini par céder, invoquant l’aggravation dramatique de la situation financière du pays, avec des taux d’intérêt désormais trop élevés exigés par les marchés pour pouvoir y emprunter.
Le Portugal, troisième candidat à l’aide, pourrait bénéficier d’une aide avoisinant les 75 milliards d’euros, selon le montant évoqué fin mars par Jean Claude JUNCKER.
Les ministres des finances de l’Union Européenne se réunissent ce vendredi et samedi.
Et de trois.
Après les turbulences qui ont secoué l’euro, les dirigeants des 17 vont se réunir pour un sommet mi mars, afin de discuter d’un plan d’action.
Un conseil pour éviter les crises de dette.
Après l’Espagne et le Portugal, c’est désormais l’Italie, qui croule sous une énorme dette et qui est empêtrée dans une crise politique qui pourrait faire chuter le président du conseil, Silvio BERLUSCONI, qui fait à son tour les frais des craintes de contagion de la crise de la dette.
Après l’Espagne, le Portugal… l’Italie!
Mercredi 15 Juin 2011
Stéphane Perrin