En Lybie, les rebelles reprennent le port de Misrat après le bombardement des forces kadhafistes par l’OTAN, qui s’apprête à installer un représentant à Benghazi, fief des insurgés.
Le régime libyen a réclamé un sommet extraordinaire de l’union africaine (UA) pour mobiliser le continent et une réunion urgente du conseil de sécurité de l’ONU au sujet du bombardement de sites civils et de la tentative de prendre pour cible le leader libyen.
L’UA a reproché aux pays occidentaux de miner ses efforts pour trouver une solution continentale et a prédit que la guerre civile actuelle allait aboutir à une impasse. Mais le président Nicolas SARKOZY s’est dit optimiste sur son issue.
Le secrétaire général de l’ONU, Ban KI MOON juge que le régime libyen a perdu à la fois toute légitimité et toute crédibilité.
Lybie: les rebelles reprennent le port de Misrata.
Près de 500 détenus, essentiellement des talibans, se sont évadés de la prison de Kandahar grâce à un tunnel long de 300 mètres, que les insurgés affirment avoir mis cinq mois à creuser depuis l’extérieur.
Il s’agit d’un nouvel échec pour le gouvernement de Kaboul et ses alliés des forces de l’OTAN, qui ont multiplié les opérations depuis deux ans dans cette région du Sud, bastion des taliban et considérée comme cruciale pour stabiliser le pays.
Treize évadés auraient été repris. De vastes opérations sont en cours pour retrouver les autres prisonniers, dont les données biométriques sont enregistrées ce qui les rendrait facilement identifiables.
Prison break.
Attentat contre le ministre de la défense français en Afghanistan.
L’attaque a été revendiquée par les talibans, qui ont affirmé viser Gérard LONGUET, pour dénoncer l’invasion de l’Afghanistan par l’armée française. Le ministre, en visite depuis dimanche, n’était pas sur les lieux.
Cet assaut en plein centre de la capitale afghane et en un lieu censé être l’un des plus protégés est un nouveau revers pour les forces de sécurité afghanes, appelées à prendre le relais des soldats de l’OTAN et assurer elles mêmes la sécurité du pays d’ici à la fin 2014.
Par ailleurs, un soldat français a été tué dans l’explosion d’une mine dans la région de Kapisa, à l’est de Kaboul, portant à 56 le nombre de soldats français morts depuis le déploiement des troupes dans le pays. Quelque 4.000 soldats français sont déployés.
Attentat en Afghanistan.
Nicolas SARKOZY, Barack OBAMA et David CAMERON jugent, dans une tribune commune, impossible d’imaginer que la Libye ait un avenir avec KADHAFI.
Les trois dirigeants ont souligné la nécessité de continuer les opérations militaires pour accélérer le départ de Mouammar KADHAFI et permettre une transition. Pour les trois dirigeants, il est impensable que quelqu’un qui a voulu massacrer son peuple joue un rôle dans le futur gouvernement.
La chute du dirigeant libyen est désormais l’objectif avoué des alliés de l’OTAN.
Trois conditions posées en préalable à un cessez le feu. Toutes les attaques contre les civils doivent cesser, les militaires doivent se retirer de toutes les villes où ils sont déployés et une aide humanitaire doit pouvoir être acheminée sans obstacles.
Le front uni.
Il a décidé la mise en place d’un mécanisme financier temporaire pour doter le conseil national de transition (opposition libyenne) des moyens pour gérer les aides et répondre aux besoins urgents des régions contrôlées par la rébellion. Le groupe a insisté sur la nécessité de fournir un soutien matériel aux populations sous contrôle de la rébellion.
Le peuple libyen a besoin de médicaments et d’autres moyens pour résister, a assuré l’hôte de la réunion, Cheikh HAMAD, premier ministre et ministre des affaires étrangères du Qatar, sans vouloir préciser clairement si des armes entraient dans cette catégorie.
Alain JUPPE a exclu d’aider les rebelles libyens à s’armer. Il est envisagé de les aider à se financer, à se renforcer, mais il n’a pas été question de livraisons d’armes, a-t-il assuré.
La peur de l’enlisement est manifeste, alors que la télévision libyenne a diffusé des images de Mouammar KADHAFI circulant à Tripoli dans un véhicule décapotable, précisant que la scène avait été tournée alors que la capitale était bombardée par l’aviation de l’OTAN.
Réunion du groupe de contact à Doha.
Misrata, Brega, Ras Lasnouf: les forces loyales à Mouammar KADHAFI ont repris possession des villes et terminaux pétroliers, contraignant les insurgés à refluer vers l’Est. Les rebelles réclament la reprise des frappes sur la route qui mène à Syrte.
Après une pause de deux jours, un raid a été lancé à l’ouest d’Ajdabiya.
L’OTAN prend la direction complète des opérations militaires, et se pose maintenant la question controversée de l’armement des insurgés, évoquée par Paris, puis par Washington où le président Barack OBAMA a dit ne pas l’exclure.
Même discours du premier ministre britannique, David CAMERON, devant les Communes, prononcé au risque de diviser les participants à l’opération internationale en cours. L’Italie ne veut pas en entendre parler, pas plus que la Norvège qui vient d’envoyer six F16 en Crète, le Danemark, ou la Belgique.
Libye: armer les rebelles?
En tout cas pas l’OTAN. Les Etats membres de l’alliance ne sont pas parvenus (après trois jours) à un accord sur la direction des opérations militaires en Libye à la place des Etats Unis, en raison des réserves turques.
Il serait impossible pour nous de partager la responsabilité d’une opération que certaines autorités décrivent comme une croisade.
C’est ce qu’a déclaré le ministre turc des affaires étrangères, Ahmet DAVUTOGLU.
La France, la Grande Bretagne et les Etats Unis ont décidé d’assurer le pilotage politique, qui seront conduites et planifiées par l’OTAN pour établir une zone d’exclusion aérienne, a fait savoir Paris. Alain JUPPE a annoncé une réunion mardi prochain à Londres d’un groupe de contact composé de l’ensemble des pays participant à l’opération, plus l’union africaine, la ligue arabe et tous les pays européens qui voudront s’y associer.
C’est une façon à bien marquer que le pilotage politique de l’opération, ce n’est pas l’OTAN, c’est ce groupe de contact.
Qui commande les opérations en Libye?
Le président afghan Hamid KARZAI a demandé à ses alliés l’OTAN avec honneur et humilité, et sans arrogance de cesser toutes leurs opérations militaires dans le pays, lors d’un discours dans l’est du pays, où les soldats étrangers sont accusés d’avoir tué plusieurs dizaines de civils récemment.
C’est la première fois que M. KARZAI, porté au pouvoir par l’occident à la fin 2001 mais qui ne cesse de dénoncer les victimes civiles des bavures de la force de l’OTAN, réclame une mesure aussi radicale à ses alliés.
Stop!
La France a indiqué qu’elle est disponible pour neutraliser avec d’autres les avions militaires libyens, mais pas au sein de l’OTAN.
Déclaration à l’assemblée nationale d’Alain JUPPE, ministre d’Etat, ministre des affaires étrangères et européennes.
II s’agit d’arrêter la répression meurtrière que le régime du colonel KADHAFI continue de déployer, l’OTAN n’est pas l’organisation adaptée pour le faire. Il faut un mandat des nations unies. Nous sommes disponibles pour intervenir avec d’autres afin de protéger les populations, en empêchant KADHAFI d’utiliser ses moyens aériens. Il est nécessaire de le faire en pleine liaison avec la ligue arabe et l’union africaine, c’est ce à quoi nous travaillons.
Et l’OTAN dans tout ça?
Morts civiles en Afghanistan: KARZAÏ tape du point sur la table.
Le général américain, David PETRAEUS, chef des troupes de l’OTAN en Afghanistan, a présenté des excuses pour la mort de neuf civils au cours d’un raid, tragédie dont l’ISAF assume l’entière responsabilité.
Les excuses du général font suite à un appel pressant du président afghan demandant à l’OTAN d’éviter les meurtres quotidiens de civils et l’avertissant qu’elle allait au devant de graves problèmes dans le cas contraire.
KARZAÏ tape du point sur la table.
Jeudi 28 Avril 2011
Stéphane Perrin