En baisse constante dans les sondages depuis l’annonce de sa candidature aux primaires socialistes, la présidente de région a rompu le silence qu’elle entretenait depuis plusieurs semaines dans les média.
Elle a choisi de répondre à Nicolas SARKOZY sur le pouvoir d’achat.
La proposition que je ferai, quand je vois que les familles ont énormément de mal maintenant à faire deux repas, c’est de définir 50 produits de base dont les prix seraient bloqués.
Le retour de Ségolène ROYAL.
Ségolène ROYAL, candidate aux primaires du parti socialiste (PS), a lancé sa campagne pour les primaires socialistes dans le Pas de Calais.
Elle souhaitait s’adresser à la France des ouvriers pour renouer avec l’électorat historique de la gauche.
ROYAL parle aux ouvriers.
De son côté, la première secrétaire du parti socialiste (PS) a répété que l’emploi devait être la priorité des priorités.
Interrogée sur le déplacement de Mme ROYAL dans le Pas de Calais, Mme AUBRY a estimé que c’était un beau symbole d’aller là où beaucoup d’hommes et de femmes ont l’impression d’avoir été abandonnés, humiliés, par la politique injuste de Nicolas SARKOZY.
A ses côtés, Laurent FABIUS a estimé que convaincre les classes populaires était un énorme enjeu et a assuré que le PS allait dynamiser la production française.
AUBRY en Haute Normandie.
Ségolène ROYAL revendique sa filiation avec l’ancien président de la République. Elle a affirme avoir envie de succéder en 2012 au seul socialiste parvenu à être élu chef de l’Etat. Elle a notamment expliqué:
Depuis longtemps, au fond de moi, j’ai envie de succéder à François MITTERRAND par amour de la France, du peuple français, de son histoire, de sa culture.
MITTERRAND c’est moi…
A la question de savoir quelle personnalité politique les Français aimeraient avoir à leur table au réveillon, 61% ont répondu qu’elles souhaitaient n’en inviter aucune.
Ceux qui consentent à partager la bûche avec une personnalité politique préfèrent Dominique STRAUSS KAHN (23%). Viennent ensuite François FILLON (20%) puis Nicolas SARKOZY (14%), à peine plus souhaité que Ségolène ROYAL (13%) et Dominique de VILLEPIN (12%).
Les invités les moins désirés sont Martine AUBRY (10%) et Marine LE PEN (8%).
Pas d’invitation aux politiques.
Martine AUBRY, dont le silence avait été remarqué après l’annonce de la candidature de Ségolène ROYAL aux primaires, a finalement accordé une interview au Journal du Dimanche.
Se disant à la fois sereine et déterminée, Mme AUBRY réaffirme qu’elle ne voit aucune raison de modifier le calendrier.
Mon rôle n’est pas celui d’un commentateur politique, Ségolène a toujours dit que si elle le pensait possible, elle présenterait sa candidature. C’est ce qu’elle a fait. Je respecte le choix de chacun.
Les socialistes qui pensent pouvoir diriger la France ont le droit d’être candidats mais moi, en plus, j’ai un devoir, celui de préparer la gauche à gagner en 2012 et à réussir après.
Le rôle du capitaine, c’est de tenir fermement la barre, de maintenir le cap et d’amener l’équipage à bon port, ce n’est pas de se laisser distraire par le clapotis des vagues.
Le clapotis des vagues…
D’une manière générale, elles tendaient à banaliser la candidature de Ségolène ROYAL et à insister sur la nécessaire unité du parti.
Le porte parole du parti socialiste, Benoît HAMON, s’est dit pas vraiment surpris par l’annonce de la candidature de Mme ROYAL, qui était selon lui logique et prévisible.
Sa candidature est normale, elle n’a jamais caché son jeu, a déclaré Claude BARTOLONE, président du conseil général de Seine Saint Denis et proche de Mme AUBRY. Il a de nouveau rejeté toute hypothèse d’avancée du calendrier des primaires. Toute accélération serait ressentie comme une manière bureaucratique d’essayer d’éliminer Dominique STRAUSS KAHN. Autant avoir un calendrier qui permette à tous les candidats de défendre leurs chances, a-t-il plaidé.
Avant lui déjà, l’ancien premier ministre de François MITTERRAND, Laurent FABIUS, avait appelé à éviter les stratégies d’empêchement d’une candidature de Dominique STRAUSS KAHN.
Les réactions à la candidature de Royal.
La présidente de la région Poitou Charentes, candidate socialiste malheureuse en 2007 face à Nicolas SARKOZY, a choisi la presse régionale pour annoncer sa candidature.
A la question, etes vous candidate aux primaires du parti socialiste?, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle répond:
J’ai longuement réfléchi et beaucoup consulté. Le moment est venu d’avancer dans la clarté et la simplicité: ma réponse est oui. Je sais d’expérience qu’il faut plus que quelques mois pour se préparer et pour rassembler. Qui ne voit que la droite est déjà en campagne, d’ailleurs elle ne s’en cache pas.
Avec cette déclaration anticipée de candidature, l’ancienne candidate socialiste à la présidentielle, se démarque à nouveau de son camp, brisant le pacte de non agression qui semblait établi avec Dominique STRAUSS KAHN et Martine AUBRY.
La primaire de ROYAL.
Dominique STRAUSS KAHN arriverait en tête au 1er tour avec 29%, soit 5 points de plus que Nicolas SARKOZY (24%), si l’élection présidentielle se tenait dimanche et battrait nettement le président sortant au second tour (59% contre 41%), selon Ifop pour Paris Match.
En revanche, M. SARKOZY devancerait au 1er tour Martine AUBRY (22%) et encore plus nettement François HOLLANDE ou Ségolène ROYAL (18%). Mais, il perdrait au second tour, contre Mme AUBRY (48%/52%) et M. HOLLANDE (47%/53%) et ferait jeu égal (50%/50%) avec Mme ROYAL, sa rivale de 2007.
Selon TNS Sofres, M. SARKOZY serait largement battu au 2e tour par M. STRAUSS KAHN (38% contre 62%), mais aussi par Mme AUBRY, M. HOLLANDE ou Mme ROYAL, si l’élection présidentielle avait lieu maintenant.
Sondages.
La majorité tente d’autre part de contre attaquer en ciblant Ségolène ROYAL après sa déclaration sur la participation des jeunes aux manifestations sur TF1.
Les jeunes sont responsables et savent pourquoi ils descendent dans la rue. Je leur demande d’ailleurs de descendre dans la rue, mais de façon très pacifique.
L’ancienne candidate a rectifié ensuite:
Je n’ai jamais appelé les jeunes à manifester dans la rue.
Elle a toutefois concédé que sa phrase avait été ambiguë.
Pour le moment, l’effervescence demeure néanmoins limitée chez les lycéens. 135 lycées, soit 3,1%, étaient perturbés mardi dernier.
Les jeunes dans la rue?
Mardi 19 Avril 2011
Stéphane Perrin