L’UMP a réuni sa convention de riposte au projet socialiste.
Jean François COPE a dénoncé une imposture financière. Il a présenté une estimation chiffrée et parfaitement démontrée des principales propositions du parti socialiste. Pour l’UMP, le total sur 5 ans s’élève à au moins 255 milliards d’euros auxquels il faut s’ajouter 126 milliards de hausse d’impôts en tout genre.
C’est un projet qui provoquerait une hausse des déficits annuels de près de 40%, alerte Jean François COPE en assurant qu’il ne s’agissait là ni d’une caricature, ni d’une éxagération. Plus de dépenses publiques, plus de taxes, plus de déficits, c’était ça la règle d’or du PS, a-t-il ironisé.
L’UMP ferait mieux de trouver des milliards pour renflouer les déficits plutôt que d’imaginer ceux qu’on va créer, a rétorqué par médias interposés François HOLLANDE.
L’empire contre attaque?
Une nouvelle sensibilité a tenu sa première réunion l’assemblée nationale. Baptisée “les humanistes“, elle est censée donner une voix à la droite modérée, qui estime ne pas assez se faire entendre.
Le nouveau groupe, composé de 109 parlementaires (députés, députés européens et sénateurs), est porté par deux ministres, Jean LEONETTI, chargé des affaires européennes et Marc LAFFINEUR, secrétaire d’Etat à la défense et aux anciens combattants.
On avait l’impression que l’UMP fonctionnait sur une jambe. Nous voulons montrer que la droite humaniste, modérée, est majoritaire au sein de l’UMP.
C’est ce qu’explique M. LAFFINEUR. En ligne de mire: le mouvement de la droite populaire, sensibilité plus dure de l’UMP, mais aussi les anciens partisans de Jean Louis BORLOO, qui pourraient se laisser convaincre par ce recentrage des forces dans le parti majoritaire.
L’UMP s’humanise?
Alors que le dirigeant du parti majoritaire, Jean François COPE comme le premier ministre, François FILLON, s’étaient montrés convaincus de l’intérêt d’organiser des primaires à droite en 2017, rappelant que Nicolas SARKOZY avait été désigné par les adhérents de l’UMP en 2007, le président de la République a critiqué cette semaine les primaires socialistes, estimant qu’elles étaient contraires à l’esprit de la Vème République.
Le chef de l’Etat pas convaincu.
Pour François BAROIN, ministre de l’économie:
Il va falloir une coalition au PS pour ensuite une coalition à gauche et la coalition, c’est le virus qui est la mauvaise réponse pour la situation du pays.
Quant à Jean François COPE, le secrétaire général de l’UMP croit qu’il faut peut être relativiser un peu tout ça. Il ajoute:
Il y avait trois millions de français à la braderie de Lille! C’est un score intéressant, mais qui montre quand même que, compte tenu que ça fait quand même six semaines qu’on a une campagne de primaires sur toutes les ondes, ça fait 4 français sur 100 qui sont allés voter pour dire, comme vous dites, qu’ils ne voulaient plus de Nicolas SARKOZY.
La droite de mauvaise foi?
Après les élections sénatoriales marquées par les dissidences à droite, les tensions subsistent au sein de la fédération UMP de la capitale.
18 élus UMP de Paris, dont Rachida DATI, maire du 7ème arrondissement, Pierre CHARON, élu sénateur à la tête d’une liste dissidente, ou Claude GOASGUEN, député et maire du 16ème arrondissement, ont signé un manifeste pour en finir avec la spirale de l’échec à Paris, dans lequel ils appellent à des primaires ouvertes à tous les citoyens de Paris pour les municipales 2014.
Ils rappellent que la droite et le centre ont subi 8 défaites électorales en 10 ans.
Paris: sous la plage, les pavés.
Uniquement au sein de l’UMP et pas pour 2012… François FILLON et Jean François COPE se sont montrés d’accord pour qualifier de moderne le principe d’élection primaire, rappelant l’un comme l’autre, dans des déclarations publiques indépendantes, qu’un tel processus de sélection des candidats était déjà dans les statuts de l’UMP.
C’est effectivement le cas, mais seuls les adhérents à jour de cotisations peuvent participer. Pas d’ouverture aux sympathisants donc, comme pour les primaires organisées à gauche dont le premier tour est ce dimanche 9 octobre. Et des primaires UMP pour 2012? François FILLON répond:
Pas de primaire pour le président de la République lorsque celui-ci se représente. Pour le reste, il est naturel qu’il y ait un processus démocratique de choix des candidats. C’est un processus auquel pour ma part j’adhère et qui, encore une fois, fait partie des statuts de l’UMP.
Des primaires à droite? Oui, mais…
Jean François COPE a amorcé une ébauche de dialogue avec son président d’honneur, André ROSSINOT.
Bien sûr, l’heure n’est absolument pas à parler d’autre chose que de dialogue.
Le secrétaire général de l’UMP ajoute:
On a acté le principe de se parler. Après, tout est ouvert.
Selon un élu UMP, le parti radical est en train de tourner à la vitesse grand V la page BORLOO. On connaît même déjà le nom du futur président du parti radical: c’est Jean LEONETTI, le ministre des affaires européennes, qui n’a jamais quitté le parti majoritaire, affirme cette source.
L’UMP vient par ailleurs de verser 500.000 euros au parti radical, soit le prorata jusqu’en mai, de la dotation annuelle d’1,2 million due par le parti présidentiel. Le parti radical avait menacé d’assigner l’UMP en justice pour récupérer cette dotation.
Quel avenir pour le parti radical?
Seuls 33% des sympathisants de droite connaissent le collectif: ils sont 36% parmi les sympathisants de l’UMP et 26% parmi ceux du FN. En ne prenant en compte que les personnes ayant entendu parler de la droite populaire, les idées du collectif convainquent un sondé sur deux (50% parmi les proches de l’UMP et 47% parmi ceux du FN).
Finalement, seuls 16% des sympathisants de droite déclarent à la fois connaître la droite populaire et s’en sentir proches, dont 18% au sein des sympathisants UMP.
Qu’est-ce que la droite populaire?
Louis GISCARD d’ESTAING, député UMP, a été élu vice président de l’assemblée nationale.
Yvan LACHAUD présidera le groupe Nouveau Centre, en remplacement de M. SAUVADET, devenu ministre de la fonction publique. Christian KERT succédera à Jean LEONETTI comme premier vice président du groupe UMP.
Conséquences du remaniement ministériel.
Les ministres responsables devront ils aller devant la cour des comptes?
A l’assemblée nationale, c’est l’objet d’amendements UMP à un projet de loi sur la justice adoptés en commission.
La cour des comptes sanctionne les irrégularités budgétaires, comptables et financières commises par les ordonnateurs et les gestionnaires publics. Les ministres sont ajoutés par ces amendements à la liste des justiciables.
Les ministres devant la cour des comptes?
Vendredi 21 Octobre 2011
Stéphane Perrin