Vote de confiance déterminant ce vendredi soir pour le gouvernement grec.
Selon des sources gouvernementales, le chef du gouvernement socialiste a conclu un accord avec ses ministres par lequel il s’engage à démissionner et à laisser la place à un gouvernement de coalition à condition d’obtenir la confiance du parlement, ce qui lui accorderait une sortie honorable.
La proposition de référendum sur le plan européen d’aide financière à la Grèce conclu le 27 octobre, après avoir pris par surprise les dirigeants européens et toute la classe politique grecque, s’est finalement retourné contre le premier ministre, dénoncé par ses partenaires de l’Union Européenne.
Changeant de position, l’opposition grecque a décidé d’appuyer l’accord conclu avec les européens si George PAPANDREOU laisse la place à un gouvernement de transition composé de techniciens, chargé de faire adopter le plan européen au parlement et de préparer des élections législatives anticipées. Une série de défections a réduit la majorité du parti socialiste (Pasok) à deux sièges (152 sur 300) à la Vouli, le parlement monocaméral, où le vote de confiance est attendu tard dans la soirée.
Sombre situation politique en Grèce.
Les députés européens ont soutenu une hausse importante (5,2%) du budget, contre la position du conseil européen.
Un budget européen en hausse.
Silvio BERLUSCONI a apporté une lettre promettant des réformes, qui a fait bonne impression, selon le premier ministre polonais.
Nicolas SARKOZY a dit attendre la réalisation des promesses.
Mais le chef du gouvernement italien est placé sous surveillance: une série de mesures doivent être mise en oeuvre pour réduire en deux ans la dette de 1.900 milliards d’euros, soit 120% du PIB actuellement, à un montant représentant 113% du PIB en 2014.
L’Italie sous surveillance.
Ce point ne figure pas dans la déclaration finale à la demande de l’Allemagne (qui souhaite souligner l’indépendance de la banque centrale européenne).
Mais la zone euro compte sur la poursuite du soutien de la BCE, qui maintient actuellement l’Italie et l’Espagne en rachetant leur dette publique sur les marchés pour éviter que les taux d’emprunts obligataires ne s’envolent.
Soutien de la BCE.
Généralisation des règles d’or sur l’équilibre budgétaire. Chaque Etat devra avoir adopté, avant fin 2012, des règles relatives à l’équilibre structurel des finances publiques traduisant les règles du pacte de stabilité et de croissance.
Généralisation des règles d’or.
Il sera doté d’une force de frappe de 1.000 milliards d’euros. Il s’agit de démultiplier les ressources du fonds européen de stabilité financière (FESE) pour les pays en difficulté et éviter que la crise de la dette ne gagne l’Espagne et l’Italie.
Deux options: un système d’assurance crédit aux investisseurs pour les inciter à acheter de la dette; un mécanisme prenant la forme d’entités ad hoc destinées à attirer les investisseurs extérieurs, privés ou publics.
La Chine a déjà fait savoir qu’elle souhaitait contribuer au FESE.
Renforcement du fonds de secours financier.
Les autorités européennes l’ont accepté, à hauteur de 106 milliards d’euros et ont obtenu en échange des banquiers qu’ils divisent par deux la valeur des titres de dette publique grecque détenus dans leurs comptes pour tenter d’enrayer la crise de la dette en zone euro.
Les européens demandent aux banques de renforcer leur solvabilité financière pour atteindre un ratio de fonds propres de 9% d’ici fin juin 2012 et de renoncer aux versements de dividendes et de bonus pour y parvenir.
Certaines grandes banques européennes, comme la Commerzbank en Allemagne ou SocGen et BPCE en France, ont immédiatement fait savoir qu’elles ne solliciteraient pas d’argent public pour se recapitaliser.
Recapitaliser le système bancaire.
L’objectif définit par les 17 pays membres de la zone euro est de ramener la dette de la Grèce à 120% du PIB d’ici 2020. C’est moins que le ratio actuel de 165%, mais deux fois plus que la limite fixée par le pacte de stabilité. Concrètement, les européens ont obtenu des banques un effacement de 50% de la dette grecque.
Dans leur déclaration, les dirigeants européens invitent la Grèce, les investisseurs privés et toutes les parties concernées à mettre en place un échange volontaire d’obligations avec une décote nominale de 50% sur la dette nationale grecque détenue par les investisseurs privés. Cela devrait représenter un effacement de l’ordre de 100 milliards d’euros de la dette grecque, actuellement de 350 milliards d’euros, dont 210 milliards aux mains des créanciers privés.
Le plan de la zone euro pour enrayer la crise.
Le président de la République a présenté, pendant 1h30 à la télévision, la solution trouvée in extremis entre les partenaires européens de la zone euro.
Nicolas SARKOZY a longuement expliqué la crise de la dette en Europe, au lendemain du sommet européen où un accord a finalement pu être trouvé après 10 heures de négociations.
Accord au bout de la nuit.
Tension franco allemande et conseil européen à répétition. Le conseil qui se tiendra ce dimanche doit donner un coup d’arrêt à la crise. Les pays de l’Union Européenne se sont entendus pour recapitaliser leurs banques à hauteur de 100 milliards d’euros, mais il demeure de profondes divergences entre Paris et Berlin sur la manière de réformer le fonds de soutien à la zone euro.
Paris veut une licence bancaire et un fonds allant à 2.000 milliards. Berlin refuse et proposerait une autre solution qui devrait permettre au FESF de payer les intérêts de la dette des pays bénéficiant d’un programme d’aide international.
Un deuxième sommet se tiendra le 26.
Angela MERKEL et Nicolas SARKOZY se réuniront de nouveau samedi soir à Bruxelles avant le premier sommet de dimanche.
Tension franco allemande.
Vendredi 4 Novembre 2011
Stéphane Perrin